Torah from Rabbanim w Yirat Shamaym

Rav Touitou - Vivre sous le regard divin (Balak)

אִם יִרְצֶה הַשֵּׁם

Vivre sous le regard divin

chiour

Ce vendredi matin... vivre sous le regard divin. Si on savait un tout petit peu qui est Dieu, on ne pourrait plus respirer, plus vivre, on aurait honte d'exister. Les yeux de Hachem sont constamment fixés sur chaque juif.

Ce chiour est offert pour l'élévation de l'âme de Joseph Ben Gamra z"l, un homme humble et discret qui a consacré sa vie à la Torah, aux mitzvot, à sa famille et aux autres avec abnégation et amour. Qu'il soit un exemple pour nous. Nous avons aussi une pensée pour tous les malades d'Israël.

Introduction

Dans cette étude sur la parachat Balak, Rav Touitou nous invite à réfléchir à quel point Hachem s'intéresse à nous à chaque instant. Pas seulement au peuple dans son ensemble, mais à chaque juif personnellement, dans ses pensées, ses paroles et ses actions les plus intimes.

Si nous avions ne serait-ce qu'un tout petit peu conscience de qui est Dieu, nous serions saisis. Le Rav cite l'exemple de Rabbenou Levi Yitzchak de Berditchev : quand il a compris ce qu'il était face à Dieu, il avait honte d'exister.

Dieu n'est pas simplement le créateur. Il a créé la notion même de création, la bonté, le cœur, la matière, le temps, l'espace, et même les mondes que nous ne pouvons imaginer. L'artisan est au-delà de son chef-d'œuvre. L'univers que nous voyons n'est qu'une infime partie.

Pourquoi ce regard sur nous ?

Pourquoi le Créateur, si grand, s'intéresse-t-il tant aux juifs ? À Moché, à David, à nous aujourd'hui ?

Le Rav explique que les yeux de Dieu sont fixés sur chaque juif sans cesse. Il n'a aucun repos. Il nous regarde dans nos pensées, nos paroles, nos actions. C'est ce que la Michna nous enseigne : un œil te voit toujours, une oreille entend tout, et toutes tes actions sont inscrites dans le livre.

Mais cette surveillance n'est pas celle d'un juge sévère. C'est celle d'un père qui aime infiniment son enfant. Un père qui remarque la chaise vide à table. C'est pourquoi, à chaque début de livre de la Torah, Dieu compte son peuple : parce qu'Il ne veut perdre aucun de ses enfants.

Les détails effrayants

Hachem s'intéresse aux détails les plus infimes. Une miette de pain sous un lit, une bougie mal placée, une intention secrète.

Le Rav souligne la valeur des intentions. Même si l'on ne peut pas accomplir une mitzva (par exemple mettre les tefillin dans un lieu où l'on n'en a pas), la pensée sincère est comptée comme l'acte lui-même.

Nos paroles ont un poids immense. La mort et la vie sont dans la langue. La parole de Torah, de prière, de bonté crée des anges défenseurs. Le lachon hara, les mensonges, produisent l'effet inverse.

Chaque sourire, chaque pièce donnée, chaque retenue de colère, chaque regard détourné d'une faute est gravé devant le Kadosh Baruch Hu.

La portée cosmique de nos actes

Comme l'enseigne le Rambam, chacun doit se considérer comme si le monde entier était en équilibre grâce à ses actions. Une seule mitzva peut faire pencher la création du côté du mérite. Une seule faute peut, hélas, avoir l'effet contraire.

Rien n'est accidentel. Aucune rencontre, aucun retard, aucune difficulté n'existe sans la main de Hachem derrière. La providence divine (hashgacha pratit) accompagne chaque détail de notre vie.

Le Baal Chem Tov enseigne qu'une feuille qui tombe d'un arbre tombe exactement à l'endroit voulu par Dieu. Combien plus chaque instant de la vie d'un être humain créé à Son image.

Dans la parachat Balak, alors que Bilam était appelé pour maudire Israël, les enfants d'Israël en bas n'étaient même pas au courant du danger. Moché lui-même a pleuré en écrivant ce chapitre. Mais Hachem protégeait Son peuple. Un père ne permet pas qu'on fasse du mal à son fils.

Le regard d'un père aimant

Ce n'est pas vivre dans la peur. C'est vivre avec amour et respect. Comme un père qui regarde son enfant apprendre à marcher : il ne compte pas les chutes, il se réjouit de chaque pas.

Les yeux de Hachem parcourent toute la terre pour soutenir ceux dont le cœur est tout entier avec Lui.

Dieu dit « Je suis l'Éternel ton Dieu » au singulier. Il nous tutoie. Il nous aime d'un amour infini, bien avant la création du monde. Il a créé un enfant pour l'aimer, et cet enfant s'appelle Israël.

Même quand nous sommes imparfaits, pratiquants ou non, Il nous regarde. Il veut être le complice de notre existence.

En Pratique

Cette semaine, essayez de vivre avec cette conscience bienveillante :

  • Avant de parler ou d'agir, rappelez-vous que Hachem vous regarde avec amour, comme un père qui espère vos progrès.
  • Accordez de la valeur aux petites intentions : une bonne pensée, un sourire retenu, une parole de Torah.
  • Parlez de la bonté de Dieu autour de vous. Chaque mot de louange crée des défenseurs.
  • Ne vous sentez jamais seul dans la souffrance ou la joie : Hashem la connaît parfaitement.
  • Choisissez au moins une action discrète (une mitzva, une retenue) en sachant qu'elle a une portée bien au-delà de ce que nous voyons.

Que cette conscience nous aide à parler, penser et agir autrement, avec plus de dignité et d'amour. Dieu nous protège, Il nous compte, Il nous aime. Loyanu ch'Israël.

Que l'élévation de l'âme de Joseph Ben Gamra z"l soit un mérite pour nous tous, et que la guérison vienne rapidement pour tous les malades d'Israël.