Torah from Rabbanim w Yirat Shamaym

Rav Touitou chlita - La naissance d'Itshak Avinou

אִם יִרְצֶה הַשֵּׁם

ט״ו חֶשְׁוָן תשפ״ז

D'après le chiour du Rav David Touitou chlita, lundi matin 26 octobre 2026 / 15 Marheshvan 5787, Parashat Vayera. Offert par Karine Benassouli pour l'élévation de l'âme de sa fille Abigael Hanna Maya bat Karine Malka z"l.

Aimer Dieu sans le craindre, c'est de l'amour gratuit: ça t'engage à rien.


Une neshama qui tarde

Ce n'est pas le chemin de la nature, que les parents enterrent leurs enfants. Les enfants disent le kaddish. Quand la nature se retourne, c'est le plus haut degré d'emunah. De toutes les épreuves d'Avraham, celle-là. Prends ton fils, emmène-le. Non: c'est à mon fils de m'emmener. Cette famille offre un chiour. Le Rav dit son respect.

La naissance d'Itshak n'est pas une naissance comme les autres. Toute neshama qui jouera un rôle hors du commun, pour l'éternité, mettra du temps à descendre. Des combats dans le ciel, des combats sur terre. Est-ce que la génération le mérite. Est-ce que les parents le méritent. Il faut le keli.

Pour le Baal Shem Tov, il a fallu que Sarah, sa mère, atteigne quatre-vingt-dix ans. Le père avait cent ans à la naissance. Il a rendu l'âme à cent cinq. Les tzaddikim d'Israël prennent des chemins ambigus.

Dans la maison Abuhatzeira: trois fils, dont Rabbi Masoud, le père de Baba Sali zt"l. Le père dit à sa femme: à partir d'aujourd'hui on ne se verra plus. La Torah comme une chovah. Un rêve: on a préparé une neshama spéciale. Ce sera ton quatrième, le plus élevé. L'enfant a neuf ans, il écrit A'ou Fa Kona. On le chante encore. Kodesh kodashim.

Itshak, dans cette heure, représente le ruach d'Adam avant la faute. Pour qu'une telle neshama descende, il fallait d'abord retirer l'impureté du dor ha-mabul et du dor ha-palagah. Cela est sorti chez Yishmael.

Sarah a acquis le mérite d'avoir été maltraitée par Hagar, dans sa propre maison, comme on le lit dans Rashi. Elle bénissait toutes les femmes qui tombaient enceintes. Tout le monde, et elle pas. C'est quand on laisse tomber que ça arrive. Quatre-vingt-dix ans. Elle rit. C'est à ce moment-là qu'on lui annonce.


L'opposé d'Avraham

Pourquoi cette naissance dérange le monde. Itshak est l'opposé d'Avraham. Il vient briser le travail de l'homme qui rapproche.

Avraham, l'homme du chessed. Il vint avec sa femme, son neveu Lot, et toutes les âmes qu'il avait faites. Un clin d'œil: toute la journée, des convertis. Le Dieu unique. On tourne les pages, on ne les voit plus. Où sont-ils.

Grâce à Itshak, ils ont dévoilé qu'ils n'appartenaient pas au peuple. La naissance d'Itshak, c'est din, justice, dureté, couteau. Ça tape sur la table.

Les convertis viennent voir le nouveau maître. Ne touche pas. Shabbat. Ne parle pas à la synagogue. L'amour de Dieu te permet d'entrer. Sans la crainte, ça ne t'empêchera pas de parler. Tu peux aimer Dieu et parler. Si tu Le craignais, tu te la fermerais.

Déjà j'accepte un Dieu unique, la Torah, une patrie. Mais touche pas, prends pas, mange pas. Quand Itshak est né, ils sont retournés à l'idolâtrie.

Shabbat, c'est de l'amour. On rejoint sa femme le vendredi soir. Et pourtant, dans cette heure: on vient travailler ce Shabbat devant Toi dans la crainte et la peur. Sans yirah, tu prends l'ascenseur, c'est pour aller à la synagogue, j'aime Dieu. La crainte demande: as-tu le droit de faire une aveirah pour une mitzvah. As-tu le droit de voler un riche pour le donner aux pauvres.


Aucune souffrance pour rien

Itshak apporte une dimension nouvelle: la peur de décevoir Dieu. La midat ha-din. Tu as fauté, tu payes. Chez Avraham il y a la teshuvah. Chez Itshak, dans cette lecture, pas de discussion.

Aucune souffrance dans ce monde n'a lieu si on n'a pas fauté, si on n'a pas à réparer. La akedah: dixième épreuve d'Avraham, et on parle du mérite d'Itshak. Qu'est-ce qu'Avraham a fauté pour une telle épreuve. Il a oublié d'inviter les pauvres le jour de la brit milah. Ils avaient soif, faim, au niveau de la gorge, et ils regardaient le spectacle. Quatre portes, chessed à l'extrême, et cet oubli. Face à cela, le couteau à la gorge du même fils.

Tu cherches la clé dans la poche droite, elle était à gauche. Un petit effort. Sans faute, ce dont tu as besoin viendrait jusqu'à la main. Quand le tikkun sera fini: plus une souffrance sur terre.

Parenthèse, comme il l'a dite. Hier, avec Rav Daniel Malka, dayan. Les animaux n'ont pas de libre arbitre, pas de salaire. Pourquoi souffrent-ils. S'il n'y a pas de cause, ce serait une injustice. Has veshalom. Le Rav le dit en son nom, une avamina de ses études, sans référence sous la main. Le Gaon, dans sa bouche, n'est pas d'accord: pas de gilgul d'un homme dans un animal. Le Gaon de Vilna, le Baal Shem Tov, l'Ari: oui, minéral, végétal, animal, homme. Le dayan: c'est possible, trouve des sources. Mida keneged mida, pour la pritzut. Il s'excuse: c'est dur à entendre. Ce n'est pas un psak. C'est sa question: s'il n'y a pas d'explication, les animaux souffriraient pour rien, alors qu'il est interdit de faire souffrir un animal, qu'on cache le couteau à la shechitah, qu'on nourrit sa bête avant soi.


Ne limite jamais

Cette naissance est la victoire de la promesse sur les limites humaines. Quatre-vingt-dix ans, cent ans. Même pour eux, absurde. Dieu tient ses promesses.

Sarah n'avait pas de matrice. D'un coup le cycle revient. Si elle a des règles, c'est qu'il y a des trompes, des ovaires. Il fait ce qu'Il veut. Dans tes prières, quand il faut un miracle, rappelle la naissance d'Itshak. Sur le domaine rationnel, impossible. Donc surnaturel. Ne limite jamais Hashem.

Une chuppah à Jérusalem, il y a peut-être quinze ans. Une dame d'environ soixante-dix ans, jamais mariée, ketubah de betulah, en robe. Un veuf. Vous êtes heureuse, à soixante-dix ans, plus d'enfants. Elle: ça fait soixante-dix ans que je l'attends. Jamais eu de doute. Plus de cinquante ans qu'elle a pris pour son mariage. Je veux un zivug hagun. J'ai trouvé mon chéri. Ce que l'être humain considère comme une fin peut être, pour Hashem, le commencement d'un nouveau récit.


S'appeler Itshak

Itshak, c'est midat ha-din, et le sourire, du mot tzechok. Il représente la finalité. Aujourd'hui on s'appelle Bnei Israël. Quand viendra la geulah, on s'appellera Bnei Itshak. Rira bien qui rira le dernier. L'espoir de la fin des temps.

Tous ont changé de nom. Avram est devenu Avraham. Yaakov est devenu Israël. Itshak est né Itshak. Tous ont eu plusieurs femmes. Avraham: Sarah, Hagar, Ketoura. Yaakov: Rachel, Léa, Zilpa, Bilha. Itshak: une seule, Rivka. Avraham sort en Égypte. Yaakov va à Haran. Itshak naît en Israël, meurt en Israël, reste en Israël. Yaakov, cent quarante-sept ans. Avraham, cent soixante-quinze. Itshak, cent quatre-vingts. Le plus vieux, et korban. Sa sainteté ne le lâche pas.

On ne décèle chez Rivka ni chez Itshak la moindre faute. À Avraham: écoute la voix de Sarah. On ne voit pas une fois Dieu dire à Itshak s'il doit écouter sa femme. Des disputes entre Sarah et Avraham. Yaakov se prend la tête avec Rachel. Pas chez eux. Le sujet le plus sensible: bénir Esav, Rivka change. Normalement une dispute. Il représente le sommet de l'emunah, du shalom bayit, de la sainteté. Son nom: korban olah. Tu ne sors pas du pays, tu es korban. La femme prise chez Avimelekh: pas un moment de désespoir.

Rashi, ce Shabbat: Sarah reproche à Avraham. Tu as prié pour avoir un enfant, pourquoi pas pour nous deux. Dans Toldot, Itshak prie pour Rivka, Rivka prie pour Itshak. L'homme de l'empathie, avec du din dans la nature.

Rosh Hashanah, dans cette heure, représente Itshak. Ce n'est pas le jour où l'on dit beaucoup. Binah, le moment de la teshuvah. Arrive trop tard, c'est le condamné qui regrette ses dix ans de prison.

Aimer l'autre dans ses défauts, c'est anti-nature pour le din. Et pourtant Itshak a aimé un fils rasha. Il a traversé sa midah en chessed. Le travail ultime de tout juif.

« Je suis né comme ça. On a toujours crié chez nous. » Va étudier la naissance d'Itshak. Né avec une nature extrêmement dure, et il est extrêmement doux. Né avec le fait de ne pas pardonner. Ta faute, tu payes. Et il dit: on peut toujours s'arranger. Je vais t'aider. Il a pris la place d'Avraham.

En contrepartie, Avraham, l'homme du chessed, doit être prêt à passer le couteau: chessed avec gevurah.

S'appeler Itshak: tout faire avec le sourire. Pas la tronche du nerveux qui a survécu. Il surmontait, et restait agréable. Il continuait à recevoir, à donner. Que faisait-il. Pareil: il convertissait. De la patience. Les convertis d'Avraham se sont sauvés face à la rigueur. Itshak a réussi par le biais de la rigueur. Pas des missionnaires. Has veshalom d'aller chercher des non-juifs. C'est interdit. C'est au non-juif de faire les efforts, de montrer son adhésion par des actes, pas seulement par une philosophie.

Kol tuv.


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