Torah from Rabbanim w Yirat Shamaym

Rav Touitou chlita - Tazria-Metsora 9 mois pour une vie de 120 ans

אִם יִרְצֶה הַשֵּׁם

chiour

Voilà le mystère de ces 9 mois pour une vie de 120 ans. Tu arrives au monde avec un trésor caché à l'intérieur, une Torah complète déjà gravée dans ton âme. Toute ta vie, tu vas le retrouver, le dévoiler, le transformer en réalité.

Du caché au révélé. De la dépendance à la responsabilité. De la réception au mérite.

C'est ça, devenir ce que tu as toujours été.

Le ventre maternel, un espace sacré

Dans le ventre de sa mère, l'enfant n'est pas une page blanche. La Guémara nous enseigne que le bébé apprend toute la Torah pendant ces neuf mois, dans le silence et l'obscurité. Puis, au moment de naître, l'ange Gabriel le frappe sur le nez et il oublie tout.

Pourquoi cette amnésie apparente ? Parce que toute notre vie devient alors une réminiscence. Nous ne découvrons pas la vérité, nous la retrouvons. Selon le Ramchal, "l'homme est envoyé dans ce monde pour acquérir ce qu'il a déjà en essence même en lui". Chacun de nous possède une base parfaite, un potentiel divin implanté avant même notre naissance.

Cette découverte change tout. Nous passons 120 ans à devenir ce que nous étions déjà avant de naître. Un paradoxe magnifique : retourner à la source par notre propre choix et notre propre effort.

La preuve de la vie après la mort

L'un des plus beaux arguments du Rav pour expliquer la vie après la mort part d'une analogie simple. Imagine-toi dans le ventre de ta mère, respirant par le cordon ombilical, baignant dans l'eau, complètement dépendant. Aurais-tu pensé une seconde que tu sortirais de là pour vivre dans l'air, marcher, penser et te déployer ?

"Si tu crois en la naissance, tu dois croire en la résurrection."

Pourquoi ? Parce que passer d'une vie complètement aquatique à une vie terrestre semble impossible et pourtant c'est ce que tu vis. De même, passer d'une vie physique à une vie spirituelle est tout aussi possible. Et du point de vue mathématique, c'est même plus facile : si tu n'existais pas et que tu es né, il est moins difficile de te refaire naître alors que tu étais déjà né.

La neshama (l'âme) continue d'exister après la mort, tout comme tes poumons se sont ouverts après la naissance.

La relation entre la Shekhina et Israël

Il y a un lien profond entre la mère et son enfant dans le ventre, et ce même lien existe entre la Shekhina (la présence divine) et le peuple d'Israël.

Au moment de la naissance, la mère transmet une partie de son âme à son enfant. Il en va de même pour nous : le peuple juif porte en lui une étincelle divine qui vient d'en haut. C'est pour cela que nous disons que chaque Juif est une partie de Dieu.

La Torah nous nourrit comme une mère nourrit son enfant. C'est une nourriture spirituelle. Mais si nous "tétons ailleurs", comme le dit le Rav, si nous nous nourrissons des cultures du monde, nous nous éloignons de notre source. Notre différence, comme Haman l'a remarqué, vient de ce lien avec la mère qui nous transmet sa sainteté (gdoucha).

Revenir à la Torah, c'est revenir à ce qui nous nourrit réellement.

Pourquoi 120 ans ?

Il existe une belle correspondance numérique dans la Torah. Tous les 50 ans, nous avons le Yovel, le jubilé, l'année sainte par excellence. Et le monde a besoin de 6000 ans pour se réparer de la faute originelle.

Le calcul est simple : 120 × 50 = 6000.

Quand on souhaite à quelqu'un "120 ans", on ne lui souhaite pas simplement une longue vie. On lui souhaite que chacune de ses 120 années soit comme un Yovel, une année de libération, de renouveau et de sainteté.

Et pourquoi ce contraste entre 9 mois et 120 ans ? Pendant la gestation, Dieu fait tout. L'enfant reçoit passivement. Pendant 120 ans, c'est toi qui dois construire, avec ton libre arbitre. Les 9 premiers mois, tu es une création ; les 120 ans qui suivent, tu deviens partenaire de la création.

Le bébé et le vieillard, deux miroirs

Il y a une ressemblance frappante entre le nourrisson et la personne âgée. Tous deux sont dépendants, fragiles, perdent leurs cheveux. Tous deux sont proches de Hashem. Mais pas pour les mêmes raisons.

Le bébé est pur mais sans mérite, car tout lui est donné. Il vient de quitter Hachem. La personne âgée, elle, a gagné chaque degré de sa pureté par ses choix et ses efforts. Elle se rapproche de Hachem par sa propre volonté. Elle est "vide extérieurement, plein intérieurement par ses propres choix".

Comme l'écrit le roi Salomon dans l'Ecclésiaste : "Souviens-toi de ton Créateur dans ta jeunesse." Pourquoi ? Parce qu'à la fin, tout devient clair. Les illusions tombent, l'essentiel reste. C'est un retour au point de départ, mais conscient cette fois.

Et si quelqu'un fait techouva (repentance) tard dans la vie, il redevient pur devant Dieu, non pas attaché par un cordon ombilical, mais attaché par son propre choix à revenir à sa source.

Tu es un maillon indispensable

Le Rav raconte une histoire qui résume tout. Imagine une chaîne en or avec un magnifique diamant. On pourrait penser que le diamant est l'essentiel et que le maillon n'a aucune importance. Complètement faux.

Sans la chaîne, le diamant tombe. Et si un maillon manque, la chaîne entière s'effondre.

Que tu sois le plus grand des Sages ou une personne ordinaire, tu es un maillon de l'histoire de l'humanité. Et sans toi, c'est toute la chaîne qui s'effondre. Personne n'est inutile dans l'absolu.

La question est : quel sens vas-tu donner à ta vie ? Parce que si tu es né, surtout en tant que Juif, c'est que tu as quelque chose d'unique à dévoiler qui n'appartient qu'à toi.

C'est pour ça que tu existes.

La parole, clé de tout

Il y a une dernière connexion magnifique avec la paracha Tazria-Metsora. Dans le ventre, l'enfant ne se nourrit pas par la bouche. Il se nourrit par le cordon ombilical. Sa bouche reste fermée.

Puis on parle de la metzora, la "lèpre", causée par un abus de la parole.

Le message est clair : l'essence de ta réussite va dépendre de ce que tu sortiras de ta bouche toute ta vie. "La vie et la mort dépendent de ta langue", dit le roi Salomon. Ton âme peut même quitter ton corps à cause de trop de paroles.

Comme tu apprenais à te nourrir par le cordon ombilical au centre de ta vie, n'oublie jamais que le centre de ta vie terrestre, c'est la parole.