Torah from Rabbanim w Yirat Shamaym

Rav Touitou chlita - Béréchit: You Can Always Begin Again

אִם יִרְצֶה הַשֵּׁם

ט׳ חֶשְׁוָן תשפ״ז

D'après le feuillet de Shabbat Béréchit du Rav David Touitou chlita, Chabbat Mevarekhim de Rosh Chodesh Marcheshvan.

Carte du feuillet, pas un sténogramme. Ni le billet ni les notes n'ont été relus par Rav Touitou chlita.

La Torah ne commence pas par « voici ce que tu as raté ». Elle commence par Béréchit. On peut toujours recommencer.


1. Après Tichri, un commencement

Après toutes les fêtes de Tichri, la Torah revient à Béréchit, « Au commencement ». On peut toujours redémarrer : après une année dure, après des fautes, après des bonnes décisions lâchées.

Rachi demande : pourquoi commencer par la Création, et non par la première mitzva ? Pour établir qu'Hashem est le Créateur et le vrai Maître du monde. Avant de dire comment vivre, la Torah dit dans quel monde on vit : un monde avec un Créateur, donc un monde qui a un sens.

Le monde n'est pas complet tant que Shabbat n'est pas là. Shabbat pose la question : diriges-tu ta vie, ou ta vie te dirige-t-elle ?


2. Peru urevu, et le molad

La première mitzva de la Torah : soyez féconds et multipliez-vous. Selon Maran Rav Ovadia Yosef, l'obligation essentielle est d'avoir au moins un garçon et une fille. Si on a déjà un garçon et une fille, la mitzva fondamentale est accomplie ; on peut encore avoir d'autres enfants.

Le feuillet insiste : les enfants ne sont pas seulement une « responsabilité ». C'est une berakha. La mitzva concerne en particulier le mari ; les deux époux partagent le mérite et la construction de la famille.

Chabbat Mevarekhim : on bénit le mois, Rosh Chodesh Marcheshvan. Le molad, tel que le feuillet le donne : dimanche 9h43 et 2 halakim (page 4 ; la page 1 dit 9h45).


3. Ayeka : où es-tu ?

Hashem demande à Adam : « Où es-tu ? » Ce n'est pas une question de géographie. Hashem sait où il est. C'est une question intérieure : où es-tu dans la vie ? Qu'est-il arrivé de toi ? Qu'as-tu fait de ce que Je t'ai donné ?

Après les fêtes, la même question tient encore : maintenant, où suis-je ? Avec Hashem ? Avec la famille ? Avec moi-même ? Pas pour se juger. Pour se situer, et avancer.


4. Caïn et Hével

Premier conflit entre deux frères. Hashem demande à Caïn : « Où est Hével ton frère ? » Caïn : « Suis-je le gardien de mon frère ? »

La Torah répond : oui. Tu n'es pas responsable de toute la vie de ton frère. Tu es responsable de ne pas devenir indifférent à sa souffrance. Une des premières grandes leçons de Béréchit : l'homme ne peut pas vivre seulement pour lui-même.


5. Breslev : un nouveau point

Rabbi Nahman : hitchadshut, le renouvellement. Le passé existe. Il ne doit pas devenir une prison. Même après être tombé très bas, on peut trouver un nouveau point d'où redémarrer. C'est lié aux nekudot tovot, les points de bien.

La question pratique n'est pas « j'aurais dû être beaucoup plus loin ». C'est : quelle est la prochaine étape que je peux prendre maintenant ? Ne méprise pas les petits commencements : une petite prière, cinq minutes de Torah, ne pas répondre dans la colère, appeler quelqu'un que tu as blessé.


6. Le monde a besoin de toi

Le Rabbi de Loubavitch enseigne que l'homme n'a pas été créé seulement pour exister dans le monde, mais pour le transformer. La mission : apporter de la sainteté dans le matériel : maison, travail, argent, parole, relations, temps libre. Dira betachtonim : faire une demeure pour Hashem dans les mondes inférieurs.

Adam qui nomme les animaux, ce n'est pas de l'administratif. Il révèle leur identité et leur racine spirituelle. La vie ordinaire peut porter de la kedushah : le travail, un repas de famille, une conversation avec un enfant, un acte de bonté.


7. Hillel : celui qui cherche un nom

Pirkei Avot, mishna 1:13. Hillel dit : celui qui cherche un nom perd son nom ; celui qui n'ajoute pas diminue ; celui qui n'étudie pas mérite la mort ; celui qui se sert de la couronne de la Torah disparaît.

Courir après l'honneur fait perdre la vraie valeur. La vie spirituelle n'est jamais statique : on avance, ou on recule. Avancer n'a pas besoin d'être énorme. Une page de Gemara. Cinq minutes de Torah. Une berakha plus soignée. Un peu plus de soin du Shabbat. Un mot de moins dans la colère.

Le lien avec Béréchit : ne pas courir après un nom, c'est le contraire de la faute du serpent. Ne pas rester immobile, c'est la première mitzva de la Torah : commencer, puis continuer.


8. Abravanel et le Ramhal

Don Yits'hak Abravanel (1437-1508) : commentateur, homme d'État, dirigeant communautaire. Né à Lisbonne, au service du roi de Portugal. L'expulsion d'Espagne en 1492 le frappe. Il essaie de l'empêcher, offre de grandes sommes, échoue, et part avec ses frères juifs. Malgré le bouleversement, il continue d'écrire des commentaires monumentaux sur la Torah et les Neviim, et de la philosophie. « J'ai tout perdu » n'est pas la fin. Il continue de construire. C'est Béréchit : commencer, recommencer, bâtir même quand ce n'est pas parfait.

Ramhal, Rabbi Moché Haïm Luzzatto (1707-1746) : penseur, kabbaliste, maître de mussar. Messilat Yecharim. Aussi Derekh Hashem, Daat Tevounot, des écrits kabbalistiques. Il prend des sujets extrêmement profonds et les pose avec ordre et clarté. Cela colle à Béréchit : le monde commence dans l'ordre, jour après jour, lumière, ciel, terre, végétation, astres, animaux, l'homme. On ne devient pas grand en un jour. On bâtit le caractère pas à pas.


9. Les réponses du quiz (Rachi, Béréchit)

Telles que le feuillet les donne, page 5 :

  1. B : Pour montrer qu'Hashem est Créateur et qu'Il a donné la terre à qui Il veut.
  2. B : Pour enseigner l'ordre du jour : le soir, puis le matin.
  3. B : Pour enseigner l'humilité : le plus grand consulte les plus petits.
  4. B : Pour ouvrir une conversation avec Adam et le laisser répondre après sa faute.
  5. B : Pour nier la responsabilité et détourner la question d'Hashem.

10. Le serpent vit encore en nous

La technique du serpent : déformer la réalité, et déplacer la faute. À Ève : « Elokim a-t-Il vraiment dit que vous ne mangeriez d'aucun arbre ? » Faux. Un seul arbre était interdit. Il n'emploie que Elokim, l'attribut de justice, pour présenter Hashem comme un dictateur dur.

Adam accuse : « La femme que Tu m'as donnée. » Il accuse même Hashem. On cherche souvent quelqu'un à blâmer, au lieu de s'améliorer soi-même.

Dans le mariage, Rabbi Ovadia de Bartenoura demande pourquoi Ève a écouté le serpent. Parce qu'Adam a traité le mariage comme acquis. Avant le mariage, on parle, on encourage, on montre de l'intérêt. Après, on s'arrête, et le serpent trouve une ouverture. Celui qui ne reçoit plus d'encouragement, de reconnaissance, de compliment, perd l'envie de s'améliorer.

Celui qui ose se regarder est plus fort que le serpent.


11. La Princesse perdue, épisode 2

Épisode 1 : un roi dit avec colère à sa fille : « Que le Malin te prenne ! » Le lendemain matin, son lit est vide. Un ministre fidèle promet de la retrouver. Après des années, il trouve un immense château de mille tours.

Épisode 2 : il observe le château gardé, se glisse dedans, trouve la princesse vivante. Elle dit : tu peux me libérer, mais pas avec une épée. Choisis un jour. À partir de ce jour, pendant une année entière, pense à moi, cherche-moi de tout ton cœur, ne m'oublie pas un instant. Le dernier jour, ne mange pas, ne bois pas, ne dors pas ; reste éveillé tourné vers moi jusqu'à la fin de la nuit. Alors je serai libre.

Il tient l'année. Le dernier jour, il jeûne et marche vers le château. Il voit un bel pommier, et un désir écrasant d'une pomme.

« Une petite pomme après une année entière, qu'est-ce que cela pourrait changer ? »

Le feuillet s'arrête là, sur la pomme.


En pratique

Ce soir. Après les fêtes : Ayeka. Où es-tu. Pas pour te juger. Pour te situer.

Un petit commencement. Une prière courte. Cinq minutes de Torah. Un mot de moins dans la colère. Un appel à quelqu'un que tu as blessé.

La table. Ne traite pas le mariage, ni la famille, comme acquis. Un encouragement. Un compliment. De l'intérêt, encore.

Le nom. Ne cours pas après un nom. Ajoute. Une page. Une berakha plus soignée. Un peu plus de Shabbat.

Le frère. Tu n'es pas responsable de toute sa vie. Tu n'as pas le droit de devenir indifférent à sa souffrance.

La pomme. Avant d'appeler « petit » ce qui te fait lever les yeux du chemin, demande ce qu'une année entière était en train de libérer.

La Torah commence par Béréchit. On peut toujours recommencer. Le feuillet s'arrête sur la pomme. À toi de ne pas la croquer.


English

Béréchit: you can always begin again

From the Béréchit leaflet of Rav David Touitou chlita, Shabbat Béréchit, Shabbat Mevarekhim for Rosh Chodesh Marcheshvan.

A map of the leaflet, not a stenographic record. Neither the post nor the notes have been reviewed by Rav Touitou chlita.

The Torah does not begin with « here is what you failed ». It begins with Béréchit. You can always begin again.

1. After Tishrei, a beginning

After all the Tishrei festivals, the Torah returns to Béréchit, « In the beginning ». You can always restart: after a hard year, after mistakes, after abandoning good decisions.

Rashi asks: why begin with Creation, and not with the first mitzvah? To establish that Hashem is the Creator and the true Master of the world. Before telling us how to live, the Torah tells us in what kind of world we live: a world with a Creator, therefore a world with meaning.

The world is not complete until Shabbat. Shabbat asks: are you directing your life, or is your life directing you?

2. Peru urevu, and the molad

The first mitzvah in the Torah: be fruitful and multiply. According to Maran Rav Ovadia Yosef, the essential obligation is to have at least one boy and one girl. If one already has a boy and a girl, the fundamental mitzvah is fulfilled; one may still have more children.

The leaflet insists: children are not only a « responsibility ». They are a berakha. The mitzvah concerns the husband in particular; both spouses share the merit and the building of the family.

Shabbat Mevarekhim: the blessing of the new month, Rosh Chodesh Marcheshvan. The molad as the leaflet gives it: Sunday 9h43 and 2 halakim (page 4; page 1 says 9h45).

3. Ayeka: where are you?

Hashem asks Adam: « Where are you? » It is not a geographical question. Hashem knows where he is. It is an inner question: where are you in life? What happened to you? What have you done with what I gave you?

After the festivals the same question still holds: now, where am I? With Hashem? With family? With myself? Not to judge. To locate yourself, and move forward.

4. Cain and Hevel

First conflict between two brothers. Hashem asks Cain: « Where is Hevel your brother? » Cain: « Am I my brother's keeper? »

The Torah answers: yes. You are not responsible for everything in your brother's life. You are responsible not to become indifferent to his suffering. One of the first great lessons of Béréchit: a man cannot live only for himself.

5. Breslov: a new point

Rabbi Nachman: hitchadshut, renewal. The past exists. It must not become a prison. Even after falling very low, a person can find a new point from which to restart. This is tied to nekudot tovot, the good points.

The practical question is not « I should be much further ». It is: what is the next step I can take now? Do not despise small beginnings: a small prayer, five minutes of Torah, not answering in anger, calling someone you hurt.

6. The world needs you

The Lubavitcher Rebbe teaches that man was not created only to exist in the world, but to transform it. The mission: bring holiness into the material: home, work, money, speech, relationships, free time. Dira betachtonim: making a dwelling for Hashem in the lower worlds.

Adam naming the animals was not administrative. He revealed their identity and their spiritual root. Ordinary life can carry kedushah: work, a family meal, a conversation with a child, an act of kindness.

7. Hillel: the one who seeks a name

Pirkei Avot, mishnah 1:13. Hillel says: one who seeks a name loses his name; one who does not add diminishes; one who does not study deserves death; one who uses the crown of the Torah disappears.

Running after honor makes one lose true value. Spiritual life is never static: you advance, or you retreat. Advancing does not have to be huge. One page of Gemara. Five minutes of Torah. A more careful berakha. A little more care with Shabbat. One word less in anger.

The link with Béréchit: not running after a name is the opposite of the snake's fault. Not staying still is the first mitzvah of the Torah: begin, then continue.

8. Abarbanel and the Ramchal

Don Yitzchak Abarbanel (1437-1508): commentator, statesman, community leader. Born in Lisbon, in the service of the king of Portugal. The 1492 expulsion from Spain strikes him. He tries to prevent it, offers large sums, fails, and leaves with his fellow Jews. Despite the upheaval he continues to write monumental commentaries on Torah and Neviim, and philosophy. « I lost everything » is not the end. He continues to build. That is Béréchit: start, restart, build even when it is not perfect.

Ramchal, Rabbi Moshe Chaim Luzzatto (1707-1746): thinker, kabbalist, master of mussar. Mesilat Yesharim. Also Derech Hashem, Daat Tevunot, kabbalistic writings. He takes extremely deep subjects and sets them down with order and clarity. This fits Béréchit: the world begins in order, day after day, light, sky, earth, vegetation, stars, animals, man. A person does not become great in one day. He builds character step by step.

9. Quiz answers (Rashi, Béréchit)

As the leaflet gives them, page 5:

  1. B: To show Hashem is Creator and gave the land to whom He wants.
  2. B: To teach the order of the day: evening, then morning.
  3. B: To teach humility: the greatest consults the smaller ones.
  4. B: To begin a conversation with Adam and let him respond after his sin.
  5. B: To deny responsibility and deflect Hashem's question.

10. The snake still lives in us

The snake's technique: distort reality, and shift the fault. To Eve: « Did Elokim really say you may not eat from any tree? » False. Only one tree was forbidden. It uses only Elokim, the attribute of justice, to present Hashem as a harsh dictator.

Adam blames: « The woman You gave me. » He even accuses Hashem. We often look for someone to blame, instead of improving ourselves.

In marriage, Rabbi Ovadiah of Bartenura asks why Eve listened to the snake. Because Adam treated marriage as already acquired. Before marriage one talks, encourages, shows interest. Afterward one stops, and the snake finds an opening. Someone who no longer receives encouragement, recognition, a compliment, loses the desire to improve.

The one who dares to look at himself is stronger than the snake.

11. The Lost Princess, episode 2

Episode 1: a king says in anger to his daughter: « May the Evil One take you! » The next morning her bed is empty. A faithful minister promises to find her. After years he finds a huge castle with a thousand towers.

Episode 2: he watches the guarded castle, slips in, finds the princess alive. She says: you can free me, but not with a sword. Choose one day. From that day, for an entire year, think of me, seek me with all your heart, never forget me for an instant. On the last day, do not eat, drink, or sleep; stay awake turned toward me until the end of the night. Then I will be free.

He keeps the year. On the last day he fasts and walks toward the castle. He sees a beautiful apple tree, and an overwhelming desire for one apple.

« One small apple after a whole year, what could it change? »

The leaflet stops there, on the apple.

In practice

Tonight. After the festivals: Ayeka. Where are you. Not to judge. To locate yourself.

A small beginning. A short prayer. Five minutes of Torah. One word less in anger. A call to someone you hurt.

The table. Do not treat marriage, or family, as already acquired. An encouragement. A compliment. Interest, still.

The name. Do not run after a name. Add. A page. A more careful berakha. A little more Shabbat.

The brother. You are not responsible for all of his life. You have no right to become indifferent to his suffering.

The apple. Before calling « small » the thing that lifts your eyes off the path, ask what a whole year was in the middle of freeing.

The Torah begins with Béréchit. You can always begin again. The leaflet stops on the apple. Yours not to bite it.


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